vendredi 29 avril 2011

L'aliment composé en granulés pour les pigeons.




Pour pratiquer l'élevage de façon ration­nelle, nous avons toujours recommandé, pour le pigeon comme pour d'autres espèces ani­males, de recourir autant que possible et au moins dans une certaine mesure, à l'usage des aliments composés qui, pour cet oiseau, ne peuvent être présentés que sous forme de granulés. Trop souvent, néanmoins, ceux-­ci sont considérés comme trop engraissants. Non seulement cette affirmation est sans fon­dement, mais encore elle témoigne d'une méconnaissance totale des rudiments de l'ali­mentatiom animale.
En effet, pour engraisser des oiseaux, on n'a rien trouvé de mieux, jusqu'à présent, que le maïs, et la manière dont on obtient les foies gras d'oies et de canards, est là pour le démontrer. Si cette céréale, se prête si bien à la production de ces foies qui sont en réalité, atteints de dégénérescence grais­seuse, c'est parce qu'elle ne peut, à elle seule, constituer une alimentation équilibrée, à plus forte raison si elle est donnée en quan­tités exagérées (gavage).
On sait que le maïs est une excellente céréale car elle a une valeur énergétique éle­vée ; par contre, elle est pauvre en protéi­nes. Ce qu'il faut savoir également dans le cas qui nous intéresse plus particulièrement, c'est que sa teneur en choline est très faible. Or ce facteur alimentaire qui est classé par­mi les vitamines du groupe B, joue un rôle capital dans le métabolisme des matières grasses consommées par les animaux.
Par conséquent, ces derniers ont d'autant plus facilement tendance à présenter des trou­bles dus à une mauvaise utilisation des grais­ses alimentaires, que leur ration est pauvre en choline. Ainsi, si quelque chose doit en­graisser les pigeons, pour ne parler que d'eux, c'est bien le maïs et non les granulés, surtout quand ils sont riches en protéines de qualité. D'une manière générale, les aliments riches en matières protéiques le sont égale­ment en choline. Les tourteaux et les farines animales, par exemple, ont une teneur en choline huit à dix fois supérieure à celle du maïs (3000 à plus de 4000 mg par kilo, con­tre 400 à 450 mg pour le maïs).
Même dans la programme mixte que nous recommandons, c'est‑à‑dire céréales plus granulés, le maïs qui entre aussi pour beau­coup dans la composition de ceux‑ci, consti­tue la base de l'alimentation du pigeon. Les granulés, à condition qu'ils soient suffisam­ment riches en protéines de qualité, ne peu­vent donc que favoriser l'utilisation de cette céréale par l'organisme des oiseaux, au lieu de la contrarier.
Il serait préférable que ces gra­nulés complémentaires des céréales, soient aussi riches que possible en protéines de qualité. Or, nous savons par expérience que les pigeons acceptent généralement assez mal les granulés dont le taux de protéi­nes est très élevé. Entre un granulé à 26 ou 28% de protéines (nous avons essayé jus­qu'à 36%) que les oiseaux ont tendance à bouder, et un autre granulé titrant 20 ou 22% de protéines et que les pigeons consomment volontiers, il faut évidemment préférer le se­cond.
Rappelons que le granulé complet pour pigeons, n'a à notre avis qu'un intérêt limité s'il est donné en complément du grain, car sa teneur en protéines est faible (14 à 15%) et sa formule est souvent rudimentaire. Don­né à l'exclusion de toute autre nourriture, il ne prend pas en considération les besoins très variables du pigeon aux différents sta­des de sa vie.
Dans le choix d'un granulé complémentaire des céréales, et indépendamment de la teneur en protéines qui doit donc être suffi­sante mais non excessive, il faut tenir comp­te des supplémentations en produits médi­camenteux (antiparasitaires notamment) qui sont très généralisées et qu'il faut éviter. Cer­tains granulés en sont exempts, comme ceux qui sont destinés à la finition des poulets pendant les derniers jours avant l'abattage, ou encore les granulés pour le démarrage des canetons ; de toute manière, la lecture de l'étiquette du sac s'impose. Précisons qu'il faut compter avec une supplémentation iné­vitable, qui concerne le produit antioxydant, mais celle‑ci est in­dispensable et théoriquement sans danger. Quant à la taille des granulés, elle n'a pas d'importance, et petits et gros pigeons consomment aussi bien, si l'aliment est à leur goût, les pellets faits pour les poussins ou ceux qui sont des­tinés aux poulets adultes.
Pour nous, et pour beaucoup de colombi­culteurs que nous avons convaincus, l'ali­mentation équilibrée du pigeon passe par l'uti­lisation de granulés choisis avec soin. Ainsi que nous avons déjà eu l'occassion de le préciser, ils peuvent et doivent se substituer avantageusement aux graines de légumineu­ses qui sont coûteuses, et d'une valeur ali­mentaire discutable, voire médiocre.
Contrairement à ce que certains affirment, les granulés ne risquent absolument pas de provoquer un engraissement excessif des pi­geons qui d'ailleurs, n'en abusent pas. Grâce à leur teneur en choline qui est de l'ordre de 1600 à 2000 mg par kilo pour un aliment titrant 20 à 22 % de protéines, ils sont même capables de valoriser encore davantage la base de la ration alimentaire constituée par les céréales, et notamment par le maïs qui, s'il est consommé seul ou en trop grande quantité, peut être à l'origine de déséquili­bres avec des répercussions sur la reproduction (oeufs clairs, morts en coquille) et sur la crois­sance (sujets chétifs, retardés), autant de symptômes décrits dans les cas de carence en choline chez les oiseaux.
LE CHOIX DES GRANULES:
D’une façon générale, il ne fait pas de doute que si on lui laisse le choix, le pi­geon préfère les graines aux granulés, sur­tout quand ces derniers constituent pour lui une nouveauté.
Ainsi que nous l'avons déjà publié à diver­ses reprises, certains granulés sont beau­coup mieux acceptés que d'autres ; cela est dû à un problème d'appétence dont il faut évidemment tenir compte en faisant si nécessaire des essais comparatifs. Un aliment si effi­cace soit‑il, ne sert à rien s'il n'est pas ou mal consommé.
Nous sommes, quant à nous, convaincus que si l'on veut obtenir les meilleurs résul­tats, il ne faut pas se fier aveuglément à l'instinct du pigeon, mais lui imposer ce qui lui convient le mieux. Encore faut‑il, bien sûr, utiliser pour cela un aliment choisi d'après sa composition, et que cet oiseau apprécie et accepte suffisamment bien.
Comme nous l'avons déjà précisé, certains granulés relativement riches en protéines mais sans excès, sont très bien consommés par les pigeons, surtout lorsqu’ils nourrissent des jeunes. Si vos sujets ont tendance à les bouder, c'est qu'ils n'y sont pas suffisam­ment habitués et le cas échéant, il faut que vous interveniez de façon autoritaire en rationnant les grai­nes, toujours et c'est impératif, de façon pro­gressive.
Tous les fabricants d'aliments sérieux utili­sent pratiquement les mêmes formules pour des catégories d'animaux déterminées. C'est bien davantage la formule de l'aliment qu'il faut choisir plutôt que la marque, à condition évidemment, de rester dans le cadre d'ailleurs restreint, des fabricants qui ont acquis une renommée par la qualité de leur production.

1 commentaire:

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